Le cuir de champignon, une alternative éthique et durable au cuir animal

champignon

Vous aimez la qualité du cuir, mais vos convictions véganes et écolos vous freinent ? Avez-vous entendu parler du cuir de champignon ? Il s’agit d’un cuir vegan qui apparait de nos jours comme un matériau indispensable dans le secteur de la mode et des accessoires. En effet, cette matière allie plusieurs atouts et mérite d’être présentée. Zoom sur le cuir de champignon, ses avantages et ses limites.

Le cuir de champignon : qu’est-ce que c’est ?

Provenant à 100 % de champignons, le cuir de champignon a l’apparence d’une peau de chamois. Cependant, il est plus mou. Il possède deux aspects, dont un très doux, assez semblable au suède et un plus dur, plus rêche un peu comme le liège. Le cuir de champignon est un cuir vegan que l’on peut teinter.

À l’aide de la technique de MycoWorks, il est possible de le mouler afin de former des configurations spécifiques ou des écailles à l’instar d’un cuir de poisson. De nombreuses entreprises, particulièrement une américaine et une italienne, en développent depuis 2016. Chacune d’elles possède son propre procédé de fabrication.

L’établissement californien MycoWorks a créé un cuir à partir du mycélium de deux espèces de champignon. Ces derniers sont le Pleurotus ostreatus et le Ganoderma lucidum. Cette partie végétative grandit au sein de moules et s’adapte à leur forme. Elle forme ainsi le cuir de champignon en adoptant l’aspect désiré.

La société est spécialement réputée pour avoir également réalisé des briques de construction avec le mycélium avant de s’engager dans la fabrication du cuir de champignon. Ses produits sont traités afin de réduire la prolifération bactérienne et les odeurs.

Quant à la version italienne, elle est conçue par la société italienne Grado Zero Space. Cette entreprise a inventé un cuir qu’elle a baptisé le Muskin, ce qui signifie ‘’peau de champignon’’ en anglais. Cette matière est élaborée à l’aide du chapeau du champignon Phellinus ellipsoideus, une espèce large que l’on retrouve sur les arbres subtropicaux.

Ce cuir de champignon est conçu avec un processus qui diffère assez de celui de l’entreprise MycoWorks. Entre ces deux firmes, il est encore quelque peu ardu de dire celle qui dépassera l’autre et quelle méthode deviendra la mode.

Quels sont les avantages du cuir du champignon

Le cuir de champignon présente de nombreux avantages qui le placent au-dessus de tout autre cuir. Son premier atout est qu’il est cruelty-free, c’est-à-dire sans cruauté. En d’autres termes, sa fabrication ne fait pas le moindre mal à un animal. Aussi, il s’agit d’un matériau peu friand en énergie et en eau.

La production de ce cuir  passe par deux procédés au moins. Chacun de ces derniers possède ses propres besoins en eau. Mais, il semblerait que l’élaboration à partir du mycélium utilise encore moins d’eau. Il permet donc au fabricant de faire des économies considérables en eau.

On apprécie également le côté brut de ce cuir. Celui-ci ne requiert aucune substance chimique pour le développement de la matière première ni pour son traitement. Le champignon possède effectivement une très forte croissance naturelle. Mais, il contient naturellement de la pénicilline qui diminue la prolifération bactérienne et élimine les odeurs.

Pour finir, le cuir de champignon est susceptible de prendre toutes les tailles. Si le cuir animal, en particulier celui de poisson a une taille limitée à cause de la taille de la bête, le cuir champignon est bien différent. En effet, ce dernier peut parfaitement prendre des tailles diversifiées, définies par son créateur. MycoWorks spécifie qu’on peut le vendre en rouleaux de 2,5 m².

Quelles sont les limites de ce cuir ?

Bien qu’il offre de nombreux avantages, ce cuir présente certaines limites. C’est un matériau qui ne s’est pas encore Cuir de champignonpopularisé, donc peu accessible. Peu de sociétés et de marques se servent du cuir de champignon dans leurs produits. Par conséquent, il est assez difficile à trouver et à adopter pour se substituer au cuir classique. Aussi, il requiert une nouvelle production.

Le cuir de poisson utilise des débris de l’industrie agroalimentaire et celui de vin réemploie les déchets de la conception du vin. Le cuir de champignon quant à lui nécessite la mise au point d’une nouvelle filière. Il possèdera donc ses propres déchets et créations. À l’heure actuelle, il est encore difficile de se faire une idée du véritable impact écologique de la construction d’une filière inédite de ce genre.

Conclusion

En somme, le cuir de champignon constitue une superbe alternative au cuir animal. Cela est dû à son côté cruelty-free et ses caractéristiques très similaires à celles du cuir. On regrette juste le fait qu’il ne soit pas encore très populaire et disponible au sein des objets du quotidien.